Vendredi 21 septembre : après la visite du monastère de Tashilumpo, on s'engouffre un peu plus vers le massif himalayen au sud-ouest. Le trajet est assez long pour rejoindre notre prochaine
étape, Tingri.
Une après-midi en voiture, et ce n'est qu'en début de soirée que Tingri se dessine. Première impression : le site s'apparente à une ville fantôme avec son unique rue, pratiquement
déserte, au milieu du massif montagneux.
Nous ne sommes pas seuls au monde... quelques autres voyageurs et autochtones
Alors en fin de compte, la seule distraction dans cette "ville" est notre chasse à la souris dans la chambre.
Samedi 22 septembre : encore un levé bien matinal. Il faut dire que la destination du jour est le camp de base de l'Everest et on tient particulièrement à y arriver de bonne heure sachant
qu'il n'est pas encore assuré qu'on y reste dormir. L'expérience de la nuit passée au Namtso (4700m) est encore dans nos mémoires et bien qu'on soit maintenant bien accomodé à la haute altitude,
le camp de base est tout de même à 5200m. On avisera sur place...
A l'approche de la réserve de l'Everest, se trouve un check-point. Les autorités chinoises vérifient permis et pièces d'identité. Ne peut pas voyager au Tibet qui le veut... Nos permis sont en
règle, tout n'est qu'une question de 5-10 minutes. Et bien non, l'un des deux chauffeurs (qui sont tibétains) a apparement oublié ses papiers d'identité. On fait le pied de grue pendant que
toutes les autres jeeps nous passent sous le nez et que les trois tibétains tentent de négocier le passage. Ca a au moins l'avantage que l'on puisse admirer un ciel magnifiquement étoilé comme je
n'ai jamais vu, des étoiles par centaines. La sentence tombe enfin un peu moins d'une heure plus tard : notre malheureux chauffeur reste à Tingri tandis que nous nous entassons à 7 dans la
jeep. 3 devant, 3 derrière et le guide dans le coffre, peinard piquant un roupillon avec nos sacs de voyage pour couchage. Le parcours est un véritable festival de virages et de lacets à flanc de
montagne. La matinée maintenant bien entamée, le toit du monde, commence à se faire percevoir.
Première pose devant le majestueux mont Everest, 8850m
Une dizaine de minutes plus tard, nous voici au campement, seul abri disponible dans ce coin isolé. Le campement est constitué d'une trentaine de tentes amménagées.
Le campement pour voyageurs avec l'Everest en toile de fond
Trop impatient, nous partons à la conquête du plus haut sommet du monde sans plus attendre. Le campement se situe en réalité à quelques 3-4 kilomètres du camp de base de l'Everest. C'est le point
de départ pour toute expédition ; il est d'ailleurs interdit d'aller au-delà du "base camp" sans faire partie d'une expédition.
On se met donc en route pour approcher au plus près du Qomolangma (nom tibétain pour l'Everest). Je suis bien étonné de l'état de forme que nous affichons : 5200m et tout pimpant !!
Dans ce cas, le choix est fait d'y aller à pied plutôt que de prendre une charette tirée par un cheval qui vous emmène à destination. Mis à part les quelques voyageurs présents sur le site, les
premières rencontres sont les yaks et ensuite vient une petite tibétaine sortant d'une simple tente indienne à l'écart du campement. Quant à savoir si cette jeune fille vit vraiment dans cet
habitat de fortune, la question reste posée. Toujours est-il qu'elle reste là à nous regarder pendant plusieurs minutes avant de s'enfuir.
En chemin, deux itinéraires s'offrent à nous : moi et Michael, dans une forme olympienne, nous nous attaquons aux collines tandis que les 3 flemmards préfèrent quelque chose d'un peu
plus plat.
Michael, trop fatigué pour continuer, m'abandonne à son tour et c'est tout seul que je suis sur ma colline à contempler le panorama.
De retour au campement, j'y retrouve mes quatre camarades qui ont élu domicile dans la tente, bien installés avec le réchaud en guise de chauffage. Finalement personne ne se trouve malade malgré
les 5200m d'altitude et donc la décision est prise de dormir sur place. Enfin si, quelques-uns sont un peu mal dans la soirée : la tenancière de notre tente relance le réchaud en y ajoutant
une sorte d'écorce d'arbre. Sauf que bien evidemment le système n'est pas complètement étanche et ça nous en enfume quelques-uns... déjà qu'il ne doit pas y avoir tant d'oxygène à cette altitude.
C'est donc pour une nuit sans chauffage qui s'annonce au pied du Qomolanga et c'est notre tenancière, aux petits oignons avec nous, qui nous couche. Il ne manque que la berceuse !
Dimanche 23 septembre : Pic et moi avons décidé hier de nous lever avant l'aurore afin d'admirer le mont Everest au soleil levant. Mais ce matin, hors de question d'y retourner à pied, la
course se fait en charette.
Dans les vappes...
Le spectacle est toujours aussi magnifique. On n'y reste néanmoins pas trop longtemps car le départ est pour bientôt mais aussi parce qu'à cette heure de la journée, on se les gèle
terriblement.
La gérante de notre tente
Avant de définitivement quitter cet endroit, nous nous arrêtons au monastère de Rongbuk, plus haut monastère au monde, et qui se trouve à quelques kilomètres de là.
Dans une des cours du monastère, surplombé par les drapeaux de prière, avec vue sur les monts
Une pèlerine se dirigeant vers le Rongbuk
Ainsi se termine l'un des grands moments forts du voyage.
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