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En V.I.E à Shanghai pendant 1 an à partir de mars 2007, je suis aujourd'hui basé sur Suzhou.
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Lundi 30 juillet 2007
Mardi 17 juillet, nous arrivons sur les coups de 7 h du mat. On a donc bien le temps de chercher un hôtel et les billets de train pour le vendredi soir. Comme partout, il y a de multiples rabatteuses qui proposent des hébergements et je décide d'en suivre une. Elle nous emmène dans un hôtel correct et quand tout est arrangé, il nous est demandé TOUS les passeports quand parfois il ne suffit que d'une seule pièce d'identité par chambre prise. Et il est bien là le problème car je n'ai pas mon précieux sésame sur moi, juste une photocopie. En effet, travaillant à Shanghai, l'administration chinoise me prépare actuellement le permis de résidence d'une année et pour cela me garde le passeport pendant une semaine... J'ai beau expliqué que c'est extraordinaire de ne pas pouvoir loger en Chine pendant que les autorités chinoises ont besoin de mon passeport, en vain ils ne veulent rien savoir.
 
La rabatteuse, perdant du coup sa petite commission, nous propose alors un autre hôtel un peu moins regardant. On arrive dans un buiding et là, première constatation : il n'y a pas de réception, juste un hall vide avec ses 4 ascenceurs. Pour plus de sécurité, je ne vais pas vérifier la chambre à l'étage et reste dans ce hall. Tout est réglé et deuxième constatation, il n'y a toujours pas de récetion à l'étage (il y a en fait un gérant à chaque étage qui occupe un appartement) et je remarque même un nombre important de chambres avec une grande bande de papier au travers de la porte sur laquelle est notée quelque chose. Comme si quelqu'un avait posé des scellés ce qui nous est même confirmé : "C'est parce qu'il y a eu des problèmes dans ces chambres... ". On en saura pas plus, ça me paraît un peu bizarre mais c'est tout, on a notre chambre.
 
Ca c'est fait, il est maintenant temps de chercher les billets de train pour Suzhou. Déjà en 2005 c'avait été une déconfiture et aujourd'hui, il est dit que ça le sera encore plus. La file d'attente est déjà d'une longueur interminable et ne risque pas de diminuer. Il faut avouer que par la force des choses, je suis maintenant habitué à ce que pas mal de chinois grillent la politesse à tout le monde et habituellement je leur fait juste remarquer lorsque j'arrive à proximité du guichet : "Euh non mais non... ". Mais définitivement je ne vois pas pire que la gare de Beijing, il faudrait déjà qu'on y arrive à proximité du guichet ce qui est loin d'être garanti tant les chinois se bousculent aux caisses au grand désarroi de tous ceux qui, comme nous, attendent. Un bon 45 minutes après, c'est toujours la même chose. Je ne tiens plus et avec maman, je pars faire un peu la police devant. Ca ne me fait pas particulièrement plaisir mais il faut bien ce qu'il faut si on ne veut pas camper ici. En tout cas ça fait bien rire les chinois qui patientent gentillement dans la queue, un peu moins ceux qui essayent d'estanquer tout le monde. On aura finalement réussi à prendre nos billets mais je l'avoue pas de la meilleure des façons. En effet un homme ayant chambardé tout sur son passage pour s'incruster se fait engueuler par tous y compris mam qui exige de la laisser passer alors que mané (notre véritable place dans la file) est encore loin derrière. Devant son refus, mam insiste et obtient l'approbation de tous. Bien malgré lui, le gros est obligé de céder et voilà comment on passe plus d'1h30 à récupérer des billets de train et encore, en trichant même un peu.
 
Le reste de l'après-midi, nous le passons dans le centre de Beijing, notamment sur la grande rue piétonne et dans quelques hutong, charmant dédale de ruelles anciennes. colonie-de-vac.jpg
Colonie de vacances en  militaire. 
 
Mercredi 18 juillet, le réveil est bien matinal car nous partons en mini-bus pour une journée à l'extérieur de la ville avec pour apothéose la visite sur la Grande Muraille. Nous nous retrouvons avec un péruvien, un kazhak, un suédois accompagné de sa femme thaïlandaise et sa fille. Belle diversité culturelle. A vrai dire, c'est le programme que j'avais déjà fait en 2005 et donc je sais que ce sera très bien pour mam et mané. Première visite : le tombeau des Ming. Celui que l'on visite est le plus grand des nombreux tombeaux des Ming qui se situent en périphérie de la ville. Ces tombeaux, plus important groupe de nécropoles impériales en Chine, abritent la sépulture de treize empereurs de la dynastie des Ming. Sur les seize empereurs que compte cette dynastie, treize ont été inhumés dans la nécropole au nord de Beijing, les deux premiers empereurs reposant à Nanjing alors capitale de l'Empire.
 
Après une visite sans grand intérêt d'une fabrique de jade, direction la Grande Muraille. On y reste deux heures sur le site de Balading, la plus touristique des sections. soeurettes-sur-la-grande-muraille.jpg
Ca y est, les deux soeurettes conquièrent enfin la bravitude ! 
 
Aure-Grande-Muraille.jpg
Moi sur la Grande Muraille.
 
   Grande-Muraille-b-w.jpg
 
Une dernière visite dans une fabrique de soie, tout aussi passionnante que celle de jade, et nous voici rentrés en ville. Petit passage aux alentours de la Cité Interdite et de la place Tian'an Men où on assiste à la levée du drapeau.
mam-et-moi-Tian-an-Men.jpg
Mam et moi devant la porte de la Paix céleste qui est surmontée d'un portrait de Mao. C'est depuis cette porte qu'il proclama la naissance de la République Populaire de Chine en 1949.
 
Après une bonne pizza, on se dirige tranquillement vers notre hôtel. En entrant dans le hall, on voit débarquer une dizaine de policiers sortis de l'ascenceur avec 2-3 mecs en civil. Ca ne manque pas, on a droit à un contrôle d'identité. Vérification des passeports, ils nous préviennent qu'il fallait se présenter au poste de police en arrivant à Beijing (ah bon et depuis quand ??), qu'on a violé les lois, qu'il faudra rechercher les passeports demain au poste blablabla. Deux kazhaks qui logent à l'hôtel se font aussi attraper. Mam et mané protestent, elles ne veulent pas donner leur passeport et jusque là, je me fais tout petit tout en calmant le jeu car ils n'ont toujours pas remarqué l'absence de mon passeport. Mais ça ne peut pas durer et lorsqu'il faut que je leur explique le pourquoi du "je n'ai pas mon passeport", je dois alors leur remettre ma photocopie. Comme hier, la carte de la chambre ne fonctionne pas mais hier le gérant était là pour la changer... Et là, personne. Ca cogite un peu dans ma p'tite tête en pensant à tous les scellés qui sont sur les portes, à la présence impromptue de toute une brigade sur les lieux, à la disparition du responsable ! Bref ça commence à m'énerver cette histoire. Finalement deux policiers remontent et au bout de 30 minutes, un chinois vient enfin nous ouvrir la porte. Je donne ma photocopie de passeport et on se dit donc "à demain matin".
 
Jeudi matin 19 juillet, je suis le seul à devoir me rendre au poste, les détenteurs de passeports en étant exemptés. Ce qui par la suite m'étonne car je retrouve les deux kazhaks de la veille eux-mêmes détenteurs de leur passeport. J'arrive vers 10 h, l'attente est longue, ils me font perdre mon temps et ça commence à me faire perdre patience tant j'ai prévu de faire visiter la Cité Interdite à mam et mané. Je saurai par la suite que les deux s'inquiètent même un tout petit peu me voyant pas revenir. Deux heures après, on me refile mes photocops comme cela, sans rien me faire remplir ni signer. Genre c'est la pause de midi, il faut qu'on aille bouffer donc on te libère. Raaaaah j'enrage !!! Bref je donne l'ordre aux filles d'aller à l'hôtel de Pic, arrivé le matin même sur Beijing avec ses amis de France pendant que je vais prendre les tickets d'entrée. Tout ce beau monde (sauf moi bien sûr) se rencontre à l'hôtel et on se retrouve par la suite devant le palais impérial.
 
On a quand même droit à une petite altercation avant d'y entrer. En effet, il a toutes sortes de vendeurs ambulants et les deux soeurs veulent des cartes postales. Furieux d'être arrivé trop tard, un vendeur commence à aggresser la petite mamie avec qui on fait affaire. Cette enflure la fait même tomber et elle se fait mal au poignet. C'en est trop, ni une ni deux, je m'interpose, il faut dire que je suis d'un tout autre gabarit que la petite mamie. Suite à cet intermède, nous entrons donc dans l'ancienne résidence des empereurs Ming et Qing dont la construction fut ordonnée par Yongle, troisième empereur Ming, et terminée en 1420. Surement à cause des prochains JO, deux des principaux palais centraux sont en rénovation. Enfin, la cité est tellement vaste et le nombre de palais tellement conséquent que l'on peut profiter pleinement de l'endroit. Une véritable ville dans la ville.
 
 
 
Cite-Interdite-b-w.jpg
 
 
La suite logique est la visite de la place Tian'an Men, la plus grande place du monde, se situant en face de la Cité.
Une gamine effectuant le salut militaire devant le portrait de Mao.
  soeurs-place-Tian-an-Men.jpg
 
On finira tous dans un grand resto chinois où on se prend le très connu canard de Beijing.
 
Vendredi 20 juillet, dernier jour à Beijing. Pas de police prévue pour aujourd'hui, nous nous rendons dans un autre lieu de résidence de la famille impériale mais cette fois-ci la résidence d'été : le palais d'Eté. C'est un magnifique complexe de temples, de pavillons et de palais impériaux disséminés dans un parc autour du grand lac de Kunmimg. Surement l'un des plus beaux de la ville sinon le plus connu, ce parc se situe au nord de Beijing.
palais-d-ete.jpg  
soeurs-palais-ete-01-copie-1.jpg
Comme de vraies chinoises...
  soeurs-palais-ete-02.jpg
 
La fin de notre périple à Beijing prend fin, nous voyageons encore de nuit direction maintenent Suzhou.
Par Aurelien en Chine - Publié dans : Voyage
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Mardi 24 juillet 2007
Dimanche 15 juillet, notre prochaine destination est Nanjing, ville de mes précédents séjours en 2005 et 2006. On y trouve un hôtel sympa près du centre ville et pour ce premier jour dans la capitale de la province du Jiangsu, je commence par faire visiter les petites ruelles qui nous mènent au temple de Confucius (Fuzimiao). On s'y arrête d'ailleurs dans un petit boui-boui où je sais qu'ils nous font de délicieux jiaozi (raviolis) frits.
  boui-boui-jiaozi.jpg
Les employés sont tout intrigués de notre présence dans ce lieu insolite.
Juste avant d'arriver à Fuzimiao, les deux soeurs réussissent encore à se faire un nouvel ami chinois. Un bonhomme vendant ses plantes accrochées à sa bicyclette électrique et fumant la pipe nous fait une petite demonstration de l'art et la manière de remplir sa pipe de tabac.
  fumeur-de-pipe.jpg
En partant il essaye quand même de nous refourguer une de ses plantes, il perd pas le nord le chinois ! On arrive donc dans les rues piétonnes de Fuzimiao qui sont en elles-mêmes plus intéressantes que le temple. On s'y fait un peu traquer par 2-3 chinois qui pendant un bon quart d'heure n'arrêtent pas de nous prendre en photo, sinon entre les boutiques de fringues, les boutiques de souvenirs et la ruelle des animaux domestiques, on y reste jusqu'à la soirée.
 
Lundi 16 juillet, je veux à tout prix commencer la journée par un petit marché qui fait tout le long de quelques ruelles. Très typique, on y vend principalement de la nourriture : de grands étals de viande non réfrigérée, des poulets qui sont tués et autres grenouilles que des chinoises démembrent sous nos yeux... Attention aux âmes sensibles. On peut y faire aussi provision de tortues, de crapauds, de serpents pour agrémenter un un succulent repas ! J'adore ce genre d'endroit.
 
Mané prenant en photo une bassine de crapauds et trois chinois avec leur manie de regarder le cliché que l'on prend. Manie tout à fait compréhensible : de ces trois là, il n'y en a surement pas un seul qui ait déjà utilisé un appareil photo numérique.
 
On se rend ensuite au mausolée du docteur Sun Yat-Sen situé dans les montagnes à l'ouest de la ville. Sun Yat-Sen est connu comme le fondateur de la Chine moderne et peut s'enorgueillir d'avoir l'admiration de la République Populaire de Chine et de Taiwan. Un peu d'histoire pour expliquer cela : en 1911, c'est lui qui dirigea la grande révolution pour mettre fin à 5000 ans de règne impérial. Il est alors élu président provisoire de la nouvelle République de Chine à Nanjing et crée le parti politique nationaliste chinois : le Guomindang. Il décède en 1925 et une vingtaine d'année plus tard, les nationalistes entre en conflit avec l'armée communiste de Mao Zedong. Les communistes l'emportant, le Guomindang se réfugie à Taiwai et prend possession de l'île. Taïwan se comporte aujourd'hui comme un etat indépendant, sans que l'indépendance n'ait jamais été officiellement proclamée. Alors que la République Populaire de Chine, qui administre la totalité de la Chine continentale depuis 1949, considère Taiwan comme une province chinoise "rebelle" dans le cadre de la politique d'une seule Chine, et est soutenue dans sa politique de réunification par de nombreux pays.
 
Après avoir gravi les 392 marches au milieu d'un parc très arboré et sous un soleil de plomb, on atteint le sommet de l'édifice et on entre dans la salle commémorative où trône une statue en marbre blanc du Dr Sun Yat-sen.
  mausolee-sun-yat-sen.jpg
Au fond de cette salle, se trouve le caveau mortuaire où est étendu une autre statue du docteur mais la dépouille repose bien plus bas.
 
La fin d'après-midi sera moins fatiguante avec une balade en bateau sur le grand lac de Nanjing : Xuanwu Lake.
 
Enfin, le temps d'aller récupérer les bagages, direction la gare car nous avons notre train pour Beijing dans la soirée. En couchette car je n'imagine que moyennement mam et mané passant la nuit en place assise au milieu de la cohue chinoise. Le voyage en lui-même est déjà bien assez fatiguant comme cela et je sais que Beijing ne sera pas non plus de tout repos. Il est préférable de bien dormir dans le train et c'est d'ailleurs la surprise en arrivant à nos places. Le luxe : on est dans un compartiment isolé du couloir par une porte coullissante, on a nos petites pantoufles, notre brosse à dents, la musique... enfin bref l'idéal. Même quand j'étais revenu de Fenghuang en couchette, je n'avais pas eu cela.
Nanjing-Beijing.jpg
Nouvelle destination : Beijing où un programme chargé nous attend...
Par Aurelien en Chine - Publié dans : Voyage
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Mardi 24 juillet 2007
Samedi 14 juillet, notre périple de 9 jours commence afin de faire découvrir un bout de la Chine à mam et mané. Dans la matinée, le train nous amène à Zhenjiang, "petite ville" de plus de 2,5 millions d'habitants à moins d'une centaine de kilomètres de Nanjing. C'est la première fois que les deux soeurs prennent le train chinois et pour un baptême, c'est plutôt réussi tant on est entassé les uns sur les autres, comme d'habitude sur ce genre de ligne. Arrivés à destination, nouveau baptème : le tricycle taxi.
tricycle.jpg
Le temps ensuite de déjeuner au steack house et de déposer les valises, on passe la fin de l'après-midi à la colline d'or (Jinshan), l'un des plus beaux parcs de la ville avec son habituel lot de petits temples et chinois priant Bouddha & co avec leur encens.
  lecon.jpg
Ici, une maman donnant la leçon à son fiston.
 
Située au nord-est, elle était jadis une île émergeant du Yangzi. La pagode de la bienveillance et de la longévité surmontant ce parc comprend 7 étages et offre une vue imprenable sur la campagne environnante et une partie de la ville. Elle a été érigée en 1900, surement à l'occasion du 65ème anniversaire de l'impératrice Cixi.
 
Le soir, je tiens à les emmener dans un endroit que j'apprécie bien à Zhenjiang mais qui me laissera cette fois-ci un sentiment mitigé. En se baladant au marché nocturne, on peut trouver de tout mais surtout, et c'est là qu'est l'intérêt, n'importe quoi. Malheureusement, la soirée finit un peu en sucette lorsque je me rends compte que l'on m'a volé mon téléphone qui était dans ma sacoche. Le sagouin a d'ailleurs fait un tir groupé en prenant même ma carte de bus de Shanghai. Bouddha ne m'a pas vraiment porté chance sur ce coup là, et dire que je lui avais fait une offrande de 1 jiao cet aprem en ce jour de fête nationale française...
Par Aurelien en Chine - Publié dans : Voyage
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Jeudi 12 juillet 2007
Maman et mané sont bien arrivées hier à Shanghai pour respectivement 3 et 2 semaines. Mam---mane-sur-le-Bund.jpg
 
Photo prise sur le Bund avec une mamie vendeuse de cartes postales.
Par Aurelien en Chine - Publié dans : Vie quotidienne
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Mardi 10 juillet 2007
Hier, dans le gros supermarché à côté de chez moi où j'ai mes habitudes, je découvre un produit que je n'avais alors jamais remarqué : le fromage au chocolat. Alors bien entendu je n'hésite pas longtemps à le mettre dans mon panier d'autant plus que je parie sur l'enthousiasme de mes deux camarades (Pic et son ami Pierre qui est arrivé samedi pour deux semaines en Chine) pour ce chef-d'oeuvre culinaire. Cela se présente sous la forme de tranches, comme le fromage que l'on peut trouver dans les burgers du Mc Do sauf que ceux-là tournent plus vers le marron que vers l'orange.
chocolate-cheese.jpg
 
Le verdict des 3 cobayes est tombé, et il est unanime. On aurait pu s'attendre à pire : on va dire que c'est mangeable mais ce n'est pas pour autant que ce soit très bon. Avec un goût majoritairement chocolat, on en oublierait presque que c'est du fromage. Mais bon, disons que comme il se trouve qu'il y avait du Nutella dans la valise de Pierre, le choix était vite fait pour savoir lequel des deux  chocolats nous allions mettre sur nos crèpes.
Par Aurelien en Chine - Publié dans : Miam miam !!
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Jeudi 5 juillet 2007

A la demande de Drux, je vais relater l'un de mes douzes travaux en Chine. Qui ne connaît pas Astérix ? Les douzes travaux d'Astérix ? A l'instar des deux gaulois cherchant à obtenir le laissez-passer A-38 dans la maison qui rend fou, je cherche à obtenir le colis que m'ont envoyé mes parents dans le pays qui rend fou. Il y a un peu plus de deux mois, je dois donc me rendre à l'agence qui me l'a réceptionné. Bon ça va pas être bien compliqué, j'arrive à l'aéroport, je donne passeport et numéro d'envoi, je prends le carton et suis de retour à l'entreprise pour l'aprem. Mouaaaaais genre dans ce programme aussi simpliste, il y a peut-être un petit truc que j'oublie : je suis en Chine. Départ 09h15 avec le van et deux chauffeurs. Dès le début je sens qu'on est pas sorti de l'auberge car manifestement c'est pas le plus chevronné qui est au volant tant on manque de caler à chaque feu rouge. Il n'a d'ailleurs pas encore assimilé la conduite adéquate à adopter sur les routes chinoises que l'on peut résumer par "Priorité à celui qui passe en premier". Bref sur la route, je rappelle une dernière fois l'agence et j'apprends qu'elle se situe "Suhang road" aux abords de l'aéroport. Quasiment arrivé à destination, j'entrevoie un panneau l'indiquant, ce que je fais remarquer au chauffeur qui me gratifie d'un "Don't worry, I know". Bon beh garçcon, si tu es sûr de toi ! Sauf qu'il ne l'est pas : arrivé à l'aéroport à 10h45 on me conseille un taxi pour arriver à la fameuse Suhang road. Ok ça ne m'étonne pas plus que ça jusqu'au moment où je ne trouve personne là où on m'avait déposé, ni d'ailleurs dans les environs alors qu'ils sont censés m'attendre. La bonne blague, sutout que bien évidemment je n'ai pas leur numéro de téléphone. J'appelle donc l'entreprise et à partir de maintenant je me déplace en taxi.
 
Direction donc Suhang road et comme ça arrive parfois, la taxi driver sait très bien où je veux aller quand je monte dans son taxi mais finalement il n'est plus aussi catégorique par la suite. On tourne en rond, il passe quelques coups de fil pour demander et enfin on trouve. Ouf, je suis bientôt arrivé au bout.... Au "Center of Declaration", après vérification de mon passeport et du numéro de colis, on me présente mon carnet de route.
 
 
私人扬品报关
 
一,     海天五路600号2楼 ->  报关
二,     回至速航路100号报关中心一楼左边 -> 报检
三,     至报关中心300室华东中铁快运进口 -> 付仓储费
四,     至华东中铁快运仓库(监管区B2库区) -> 提货
 
Personal Effects
 
1.     Go to N0. 600 Haitian Five Road and the Second Floor for Declaring with Airway Bill
2.     Come back N0. 100 Suhang Road (The Center of Declaration), Turn left on the First Floor for Inspection
3.     Upstairs the Third floor in the Center of Declaration, Go to N0. 300 Room (China Railway Express) and Pay for Storage Fee
4.     Go to Warehouse (N0. B2 Supervised Area) and Pick up Cargo
 
 
Quoiiii y'a tout ça à faire ?? C'est pas possible. Si si ! Bon bah quand faut y'aller...
La fille de l'agence m'ayant affirmé qu'il est préférable de prendre un taxi pour le N0. 600 Haitian Five Road, j'intercepte un taxi moto qui traîne dans le coin et finalement ce n'est pas à plus de 1-2 km. Il est 12h30 et je dois attendre 13h00 la fin de la pause déjeuner. Une demie heure plus tard, c'est l'effervescence au guichet, il me faut remplir les papiers de douane comme ceux que l'on a quand on arrive en Chine.
Et lorsqu'on m'invite à descendre pour faire les photocopies nécessaires, je n'y trouve que le hall d'entrée et rien d'autre. Super, je sens que je vais m'amuser encore. Le gardien me voit et demande "Copies ?". Haha je parie que ça doit être le seul mot anglais qu'il connaisse. Il me montre le chemin et j'atteris dans un petit entrepôt où on recoit des colis. Mais où est-ce que je suis encore tombé ? Rebelote on me resort "Copies ?". Allez dîtes moi que c'est un test, que vous voulez me faire faire trois fois le tour du building avant de me filer ces fichues photocopies. Une policière s'y met aussi, je dois juste tourner à droite et je vais trouver. Sauf que juste à droite, c'est encore des petites plate-formes de réception avec quelques bureaux. Ca m'a l'air complètement indépendant du bureau de déclaration mais allez, on va tenter le coup. Lorsque je demande à un chinois si je peux utiliser sa photocopieuse, il me regarde avec des yeux qui veulent dire "T'es qui toi ? qu'est ce que tu fous ici ?". Bref toujours pas possible et je reste planter là dehors 2 minutes ne sachant trop quoi faire et là tombé de je ne sais d'où, quelqu'un vole à mon secours. Enfin je retourne au bureau avec mes papiers, j'attends un bon quart d'heure, je resigne de la paperasse, on me refait changer de guichet, on me re-re-re-revérifie les papiers blablablablablabla et après toute ce cirque, l'agent me dit "Step 2". Rooooh mais les chinois, vous allez me tuer. Si toutes les étapes elles sont comme ça, j'y suis encore demain.
 
Retour au "Center of Declaration", cette fois-ci au rez-de-chausée. C'est une grande salle carrée avec des comptoirs qui font tout le tour. Je vais au 13 (qui sait, ça va peut-être m'attirer la chance), on me dit d'aller au 6. Ok je vais au 6, on me dit d'aller au 4. Nooon mais vous allez pas recommencer. Vais au 4, juste derrière une chinoise et son père que j'avais déjà rencontré au centre de déclaration et qui apparement sont dans la même galère et on leur dit d'aller ailleurs. Et vas-y que ce n'est encore pas ici. Gagné, même chose pour moi sauf que je ne comprends pas des masses. J'ai l'impression que je dois monter à l'étage et puis en fait je n'ai qu'à suivre la chinoise. Au moment de monter, elle arrive derrière moi et m'affirme que je dois faire des photocopies. Ah les photocopies, on ne nous l'a pas déjà fait celle-là. J'ai au moins maintenant un compagnon de route (Coco de son prénom anglais) et on repart au comptoir, puis retour au troisième étage à l'agence pour le "step 3", qui ne passe pas trop mal et enfin on peut aller récupérer le colis.
 
Je prends donc un taxi avec Coco jusqu'à l'entrepôt. Encore quelques signatures, on voit finalement la fin arriver. Mon carton étant trop grand, on repart avec celui-ci qui dépasse à moitié du coffre du taxi jusqu'à l'aéroport où je me sépare de Coco car je prends le bus jusqu'à la gare. Le carton n'est pas des plus faciles à porter : 23 kilos mais surtout plus d'un mètre de hauteur avec aucune prise, bonjour la galère. A proximité de la gare, lorsque je veux monter dans un nouveau bus pour me diriger vers l'entreprise, mon ami le chauffeur ne veut pas ouvrir les portes pour me laisser entrer à cause de mon colis. J'avoue que je commence un peu à enrager. Ils ont vraiment décidé de m'achever aujourd'hui. Le deuxième est un peu plus conciliant et j'arrive au boulot pour reprendre mes affaires : bureau fermé. Je vais tout avoir aujourd'hui... il me faut encore un moment pour qu'on me trouve les clés. Je suis complétement cassé de ma journée, d'avoir trimballer le carton et d'en plus maintenant avoir l'ordinateur avec moi. Il me faut absolument un taxi pour rentrer chez moi parce que sinon je vais devenir fou. Sauf que pas moyen de mettre la main sur un seul taxi libre. Finalement je me décide à monter dans un bus. Le plus dur reste à venir, déjà à la ramasse complète, je mets 30 minutes de l'arrêt de bus à l'appart lorsque j'en mets 5-10 d'habitude. Il est 20h00 et j'ai passé la journée à récupérer un carton...
Par Aurelien en Chine - Publié dans : Vie quotidienne
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Jeudi 21 juin 2007
Arrivé en Chine avec un visa "business" d'une durée de 3 mois, il est donc nécessaire, avant la date fatidique, de le transformer en un visa de travail (visa Z) et c'est à ce moment que je pourrai obtenir mon permis de résidence d'une année. Le problème est que pour ça, il faut absolument que je sorte du territoire. Me revoilà parti pour la France juste pour une histoire de visa ? Beeeeh non, je vais à Hong-Kong pardi. "Comment ça Hong-Kong ?" allez-vous me dire. Alors bien sûr rétrocédé à la mère patrie chinoise en 1997, HK c'est aujourd'hui la Chine. Mais sans l'être vraiment car la mégalopole forme aujourd'hui une région administrative spéciale, dotée de ses propres lois, de sa propre fiscalité et de son propre budget. L'autorité de Beijing ne s'applique qu'aux domaines de la défense et de la politique étrangère. Un pays, deux systèmes, ce qui l'air de rien m'arrange grandement les affaires pour l'histoire du visa.
 
Jeudi dernier, je quitte mon appartement aux aurores, départ prévu de Shanghai Pudong airport à 9h10 pour un retour dans la soirée. Programme assez serré d'autant plus que je sais pertinemment avoir peu de chances d'arriver au China Ressources Building avant midi. Chose officiellement nécessaire si l'on veut obtenir son visa sur la journée (rush service) : remplissage de paperasse + demande de visa la matinée pour ensuite le récupérer dans l'aprem. Sans m'inquiéter plus qu'outre mesure, je pars confiant en pariant sur un arrangement toujours possible, après tout HK c'est quand même la Chine quoi.
 
On atterit finalement à 11h30 et là il paraît cvident que mes chances d'effectuer ma requête avant la pause de midi passent de 5% à 0%, surtout avec le contrôle à la frontière qui dure des plombes. Et oui, même les chinois doivent passer la douane pour voyager dans leur propre pays, enfin surtout les chinois devrais-je dire car aussi paradoxal que ça puisse paraître, c'est surement pour eux qu'il est le plus difficile de rentrer à HK.
 
Première étape de mon périple : la monnaie. Ici pas question de payer avec nos RMB, les dollars HK s'imposent. Pour ce qui est de la conversion, je ne risque pas trop de me perdre dans les chiffres sachant qu'1 RMB chinois équivaut à 1 dollar HK, difficile de faire plus simple.
 
Mes billets Hong-Kongais en poche, je file dans le train qui m'amène à la ville. Arrivc au terminus, et alors que je m'apprête à monter dans un taxi pour rejoindre le bureau des visas, je me rends compte que des trois choses qui sont censées être dans ma main, il n'en reste que deux : Pochette avec tous mes document : ok, bouquin : ok, passeport.... hummm..... passeport ?? M*****de ! Pas de panique Auré il doit bien être quelque part (ouais ça c'est sûr). Recherche rapide dans mes poches et ma sacoche : nada ! Houlà là ça commence à devenir sérieux. Je vois que le train est toujours à quai en attente de passagers pour retourner sur l'aéroport. Ni une ni deux je demande au guichetier de m'ouvrir la barrière pour aller voir si mon passeport n'est pas dans le train. Mon compartiment est déjà blindé de chinois et je leur demande s'ils n'ont pas vu de passeport. Toujours rien. Grumpfh  @$%& !! Bon allez c'était marrant 5 minutes mais la blague a assez duré, alors rendez-moi mon passeport bon dieu. Et alors le bon Dieu m'écoute : je sors de la rame quand un chinois derrière moi me crie :
"Hey mister, passport, passport ?"
Oh mais lui il me sauve la vie quand je m'aperçois que c'est vraiment le mien qu'il a dans ses mains. J'en suis quitte pour une bonne petite flippouille. Je n'imagine même pas la mouise que ça aurait été de se retrouver perdu en plein milieu de Hong-Kong, avec son passeport qui se balade sans son propriétaire, et donc dans l'incapacité de revenir à Shanghai. Et pourtant, j'étais à deux doigts d'y être en plein dedans. Flippant !
 
Je peux enfin reprendre le cours normal des opérations et donc j'arrive dans le coeur de la ville. Première chose marquante c'est qu'ici, ancienne concession britannique oblige, on roule à gauche. Et on n'oublie d'ailleurs pas de le signaler aux piétons distraits. look-left.jpg
 
Arrivé à destination 30 minutes avant l'ouverture des bureaux, il y a déjà quelques personnes qui attendent et je decide de partir faire un petit tour, profiter d'être là pour faire le touriste. "Erreuuur" comme dirait Doc Brown, car en revenant 5 minutes en avance, j'ai la bonne surprise de constater que les quelques personnes se sont transformées en une longue file d'attente de plusieurs mètres. En entrant dans le bureau, j'hérite du numéro 299 alors qu'on en est à peine au 235 et à l'allure où ça défile, je ne donne pas cher de mes chances d'obtenir mon visa aujourd'hui. Plus les minutes s'égrainent, plus je me vois déjà repartir à l'aéroport pour changer mon billet d'avion et chercher un endroit où passer la nuit. Après plus d'une heure et demie d'attente, il est déjà passé 15h30, mon tour arrive enfin. L'administration fermant à 17h00, il me semble un peu fort de leur demander de me faire ce fichu visa en moins d'une heure et demie. Bien entendu, comme je le prévoyais, la chinoise me répond que ce n'est pas possible et qu'il aurait fallu que j'arrive le matin. Ouais bon d'accord je le savais mais il me le faut maintenant, c'est donc le moment pour moi de sortir la carte Joker : le petit malheureux. Je lui explique à la petite chine que j'ai débarqué aujourd'hui, trop tard pour arriver le matin, que je n'ai rien sur moi, que je ne connais même rien de la ville, que j'ai mon billet d'avion pour ce soir et que par conséquent je ne vois vraiment pas comment je peux faire.
 
Vue-HK.jpg
 
"Ok, I try to help you !" qu'elle me répond. Confiant, je repars visiter pour le peu de temps que la journée m'accorde.
   
Lorsque je reviens quelques minutes avant la fermeture, je demande mon passeport au guichet correspondant et on me sort qu'il n'est toujours pas arrivé. Gloups, petit doute en espérant que la petite chinoise ne m'a pas joué un mauvais tour mais finalement il arrive 5 minutes plus tard et donc me voici fin prêt pour retourner à Shanghai avec mon nouvel autocollant (si tenté que je ne le perde pas d'ici arrivé chez moi).

Retour sur Shanghai sans encombre, et je me dis qu'aujourd'hui je suis moulu au possible ce qui n'est pas le cas de mon Valentino Rossi du jour. En effet en prenant un des nombreux bus de l'aéroport pour arriver à la gare centrale, il est à peine trop tard pour attraper le dernier bus 58 qui arrive chez moi. Pas grave, je prends un taxi moto et quand je vous dis que le pauvre a la deveive, c'est qu'il se mange tous les feux rouges (et je peux vous assurer qu'il y en a un paquet) à une ou deux exceptions près. Enfin quand je dis "pauvre", pas tant que ça parce qu'il me les grille les uns après les autres et là ça fait plaisir de voir que je suis décidement bien rentré au pays.
Par Aurelien en Chine - Publié dans : Voyage
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Vendredi 8 juin 2007
Beijing 2008 (les Jeux Olympiques bien entendu) approchant à grands pas, l'événement apporte son lot de conséquences attendues et parfois inattendues.
 
Et dans cette dernière catégorie, j'y inclue une série de préconisations adressées aux chinois afin de ne pas choquer nos petites âmes sensibles d'occidentaux débarquant par milliers. Beijing lance ainsi une campagne afin d'inciter les pékinois à se débarasser de leurs "mauvaises manières". Et en première ligne, je vous le donne en mille, on trouve le crachat. Doux euphémisme d'affirmer que le Chinois crachouille, on peut même dire que le raclement de gorge est un sport national, adopté par des millions d'adeptes et se pratiquant dans la rue, le bus, le resto, la salle de cours... enfin partout quoi.
Je disais donc, afin d'améliorer l'image de la ville avant les Jeux Olympiques, il est prévu que des équipes d'inspecteurs soient envoyées sur les lieux touristiques de la ville comme la place Tian'an Men afin d'empêcher les gens de cracher et de jeter des déchets par terre.
 
Autres villes, même problématique.
Alors oui, Nanjing, Zhenjiang et Shanghai sont bien loin de Beijing et de ses Jeux mais comme je vous l'ai dit le crachat n'est un sport uniquement pékinois.
On a pu remarquer récemment que le métro de Nanjing, en fonctionnement depuis près de deux ans maintenant, se voit maintenant agrémenter de nouveaux panneaux d'interdiction dont vous l'aurez aisément deviné notre fameux "NO SPITTING".
 
no-spitting-nj.jpg
 
Je vais finir par en faire une collection de mes "No spitting". Le suivant est un panneau que l'on trouve sur le quai des stations de métro de Shanghai, celui d'après quant à lui est situé en plein centre ville de Zhenjiang.
Comment ça? On a même plus le droit de cracher dans la rue... Si c'est pas malheureux :(
  
no-spitting-sh.jpg         no-spitting-zh.jpg
Par Aurelien en Chine - Publié dans : Vie quotidienne
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Vendredi 8 juin 2007
Rubrique : Offre d'emploi.
 
"Bonjour, nous sommes une petite boutique de prêt-à-porter dans le centre-ville de Zhenjiang. Pour notre enseigne publicitaire, nous recherchons une jeune fille d'origine asiatique, 18-25 ans, 50-60 kg et ayant de l'expérience dans le mannequinat. Le job consistera à partir au milieu de la savane africaine afin de réaliser des photos en compagnie d'une tribu locale.
Attention, filles non motivées s'abstenir."

Une-chinoise-dans-la-savane.jpg
Par Aurelien en Chine - Publié dans : Bizarrerie chinoise
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Vendredi 8 juin 2007
Enfin les premières vacances arrivent, nous sommes début mai 2007, une des trois "golden vacation" anuelles pour les chinois. Oui, il faut préciser que ces derniers n'ont pas vraiment le choix de leurs jours de congés : en gros c'est en février pour le nouvel an chinois, en mai et en octobre. Alors quand toute la population chinoise est en vacances en même temps, il ne faut pas s'étonner que ce soit les plus grosses périodes d'affluence. Je ne veux donc pas m'aventurer dans un "blockbuster" touristique mais plutôt vers un petit coin sympa pour passer la semaine.
 
A la base d'la base (fallait que je la sorte celle-là), je suis bien motivé pour la Mongolie intérieure jusqu'à ce qu'on me montre quelques photos de Fenghuang 凤凰 : petite bourgade perdue au fin fond des montagnes de la province du Hunan et qui abrite des chinois de l'ethnie Miao. au-milieu-des-montagnes.jpg
Loin des circuits touristiques classiques que sont la Grande Muraille, l'armée en terre cuite de Xi'an ou autres paysages de Guilin, cette destination est très peu connue des étrangers, un peu plus des chinois et ne manque pas de me séduire.
 
Samedi 28 avril, je pars avec pour seul préparatif un billet de train aller jusqu'à Huaihua (au sud de Fenghuang) en poche, un sac a dos et ma tente.
Le voyage est plutôt (ouais je pourrais même dire très) long, surtout lorsqu'on reste 23 heures dans un train en place assise. Lorsque je vois que le train s'arrête d'abord a Jishou (au nord de Fenguang) et qu'il me semble que c'est même plus prêt de ma destination finale, alors j'y descends pour ne pas perdre de temps inutilement. Là, je fais la connaissance de trois filles qui me demandent si je vais à Fenghuang. Il y a Yezi, Beibei (qui étaient toutes les deux dans mon compartiment du train) et une autre dont j'ai déjà oublié le nom. Première des priorités, nous allons chercher les billets retours puis direction la gare routière pour prendre un bus qui nous emmène à Fenghuang.
 
Les filles sont d'abord surprises que je n'ai même pas booké un seul hôtel avant mon départ. Elles se proposent de m'aider et on trouve une petite piaule assez miséreuse. C'est parfait, une dizaine de minutes de négoce plus tard j'y jette mes affaires pour trois nuits. L'après-midi est consacrée à une première découverte des lieux et nous allons réservé notre journée du lendemain dans une petite agence qui propose des visites guidées.
 
Le lendemain matin, rendez-vous est pris pour notre journée de voyage. Le mini-bus est complet, on est une petite vingtaine accompagnés d'une guide Miao, qui commence notre voyage par ses chants traditionnels Miao. Le matin est réservé à une balade dans les montagnes environnantes dont les paysages me font penser à Huangshan.
 
Et puis il y a aussi des petites cascades d'eau, et c'est comique les cascades d'eau avec le chinois. Il est terrible, il veut absolument passer par la cascade plutôt que par le chemin qui la longe. Surtout quand tu as un minot dans les bras, c'est tellement plus marrant. Ca dure une bonne vingtaine de minutes entre les "Bon j'y vais, euh non là ca passe pas", "Mince en fait je vais pas pouvoir descendre avec Wang Junior dans les bras, il faut que je le refile à quelqu'un", "Oh attention je vais tomber", "Yeaaaah regardez moi je suis la plus forte". Finalement après nous avoir balancé le môme, l'appareil photo et les sacs, ils se décident enfin à nous rejoindre.
 
La journée continue avec un arrêt express au beau milieu d'un marché d'un minuscule village. Ici loin de la civilisation, entre les vendeurs de serpes, de fruits et autres bric-à-brac, on trouve... un dentiste. Quoi de plus normal que de se faire enlever une dent en pleine rue ? Bon c'est vrai que j'aime bien l'authentique mais personnellement, je serais pas prêt à tenter l'expérience de l'authenticité jusqu'au bout.
dentiste.jpg
 
Après quelques péripéties routières, nous voici dans un autre village mais celui-là complètement tourné vers le tourisme. C'est rempli de boutiques attrape-touriste et c'est juste un décor pour un spectacle traditionnel. On se prend facilement au jeu et au programme on a  danses et jeux traditionnels, un avaleur de braise, un marcheur sur le feu et sur sabre. danse-Miao.jpg
 
On termine la journée de visite par une balade sur une embarcation en bois dans une gorge où le cadre est magnifique. La soirée se finit avec quelques compagnons de voyages pour un dîner en plein air.
 
Je passe la journée suivante à Fenghuang. Il est fort agréable de flâner le long de la rivière qui accueille les pirogues des touristes le linge à laver des locaux et la petite barge des chanteuses Miao qui bercent la ville de leurs chansons traditionnelles. Ce lieu est d'une paisibilité rare en Chine. riviere.jpg

Je m'installe le long du cours d'eau pour profiter de la quiétude ambiante lorsque les chanteuses m'interpellent. La communication n'est pas des plus facile tant elles sont sur leur barge et moi sur ma berge.
chants-Miao.jpg
 
Je me décide ensuite à faire le grand tour de la ville et je ne peux pas finir mon après-midi sans revoir mes petites Miao.

Lorsque la deuxième équipe de chanteuses prend le relais, les petites (et c'est le cas de le dire, je les voyais bien plus grande de loin) m'invitent à les rejoindre pour discuter un peu. Ne parlant pas anglais, c'est très bien pour travailler mon mandarin même quelques rudiments de langage Miao.
 
J'avais décidé que pour la fin de mon séjour, je partirai tout mon barda sur le dos aux alentours de Fenghuang avec pour seul but de découvrir la campagne environnante. Une dernière nuit dans mon hôtel de fortune, et j'ai la chance, au moment de partir à l'aventure, de tomber sur mes deux chanteuses préférées. Je leur explique brièvement que je ne manquerai pas de revenir demain dans la journée pour leur dire bye bye. Me v'la à peine sorti de la ville que j'ai droit à mon premier incident avec un chinois gisant sur la route. En soit, c'est pas vraiment insolite en Chine sauf qu'en l'occurence il m'a l'air tout de même bien mal en point et ne bouge pas d'un poil lorsqu'un homme le secoue avec ses pieds. Et pas grand monde autour n'a l'air de se préoccuper du comateux. Je regarde autour de moi à la recherche de policiers et un jeune gars m'affirme avoir déjà appelé l'ambulance il y a une dizaine de minutes mais ne voit toujours rien venir. Ok, je vais quand même trouver un agent qui m'affirme qu'il a juste un petit coup dans le nez. Ouais ok je le crois qu'à moitié tout de même, à ce moment une ambulance arrive et comme par miracle, la petite infirmière a le don de rescussiter les morts. La présence de l'infirmière semble lui donner un second souffle de vie et "oh miracle" notre bonhomme se réveille, un peu éméché tout de même... Formidable !! La médecine chinoise m'épate.
 
Le bon samaritain qui avait appelé l'ambulance tient ensuite à m'accompagner pout le début de mon périple puis on se sépare quelques temps après ayant prévu pour leur part d'effectuer un circuit touristique.
Je reprends la route un peu à l'aveuglette lorsque quelques kilomètres plus loin, je tombe exactement sur ce que je veux éviter c'est à dire un site touristique. Au final ça tombe tout de même à pic parce que l'air de rien je commence à mourir de faim et les boui-bouis qui s'y trouvent autour sont la bienvenue avec leurs brochettes. Je ne m'attarde quand même pas trop ici et en partant je découvre un panneau annonçant une cascade où on peut faire du rafting à 16 km ! Une rivière, voilà l'endroit idéal où je vais pouvoir poser ma tente. aure-a-la-campagne.jpg
Sur la route, je rencontre toutes sortes de personnes : un fermier sur son tricycle, ne lui restant plus que 2-3 dents et me parlant surement dans son dialecte local tant je ne pige pas un mot de ce qu'il me raconte, une bande de gamins s'éclatant dans une mare à moitié boueuse avec le doyen du village qui me surveille du coin de l'oeil (c'est qu'il ne doit pas en voir beaucoup des comme moi ici), un fermier retournant la terre de son champ avec son boeuf et sa charrue, etc etc. 
Il commence déjà à faire nuit lorsque je monte la tente à l'endroit prévu. Le lendemain matin, moi qui pensais être tranquille pour prendre mon bain dans la rivière, voilà qu'il y a déjà les bateaux qui passent juste devant moi et un employé photographe planté sur la terre ferme pour immortaliser la sortie des excursionnistes. Tant pis, je me lance entre deux passages de raft et compte bien faire un dernier coucou a mes Miao. Les bus reliant Jishou à Fenghuang passant par là, j'avais vu la veille certains d'entre eux s'arrêtant prendre des passagers sur la route. Sauf que lorsque c'est pour moi, le bus continue son chemin mais une fourgonette (taxi non officiel) derrière se propose de m'emmener. Je reviens donc une dernière fois à Fenghuang. Le temps de faire mes derniers achats et mes derniers "au revoir" pour ensuite retourner sur Jishou en bus, sachant que j'ai mon train le lendemain midi, en couchette cette fois-ci.
Et Jishou, c'est vraiment pas le top comme ville. Bon faut dire aussi que je ne suis pas arrivé dans les meilleures conditions :  il avait commencé à pleuvoir sur la route et je débarque en ville sous une grosse averse. Génial pour commencer la nuit. Après une semaine de bouffe chinoise, je n'en peux plus et j'ai dans l'idée de me faire un Mc Do ou KFC, et là je tourne en rond pendant des dizaines de minutes. Regénial, il n'y en a pas à Jishou. Je trouve finalement l'équivalent chinois du KFC (que je ne connaissais pas d'ailleurs). Il ne me reste ensuite plus qu'à trouver un bon cyber pour y passer la nuit et c'est nickel. Parce qu'avec un voyage de plus de 20 heures le lendemain, je préfère être bien flappi pour ensuite dormir dans le train plutôt que de me retrouver à devoir compter les heures pour arriver à Shanghai. Je dors d'ailleurs comme un bébé pendant une bonne partie du trajet et c'est quand même bien plus agréable de se retrouver en couchette plutôt que serré comme des sardines en place assise.
Par Aurelien en Chine - Publié dans : Voyage
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